Soutenance de thèse de Sophie Tabouret

Sophie Tabouret


soutiendra sa thèse en Sciences, technologies, sociétés


Les cépages résistants, du labo à la vigne

Quand l’expérimentation met à l’épreuve les pratiques vitivinicoles,

les variétés de vigne et les propriétés du vin


Thèse en préparation à Paris Sciences et Lettres, dans le cadre de SDOSE Sciences de la Décision, des Organisations, de la Société et de l’Échange, en partenariat avec Centre Sociologie de l’Innovation (UMR 9217) et de l’École nationale supérieure des mines (Paris)



le lundi 8 novembre 2021

à 13:30

MINES ParisTech, 60 boulevard Saint-Michel 75006 Paris

salle L 109

Merci aux personnes qui souhaitent assister à la soutenance d’en informer Sophie Tabouret par email


devant le jury composé de :


Florian CHARVOLINDirecteur de RechercheCNRSRapporteur
Céline GRANJOUDirectrice de RechercheINRAERapporteure
Mourad HANNACHIChargé de rechercheINRAEExaminateur
Loïc LE CUNFFIngénieur généticien Institut français de la vigne et du vin-IFVExaminateur
Antoine HENNIONDirecteur de RechercheMines-ParisTech/PSL UniversitéDirecteur de thèse
François HOCHEREAUChargé de rechercheINRAECo-encadrant

Résumé de la thèse

Les cépages résistants au mildiou (causé par Plasmopara viticola) et à l’oïdium (causé par Erysiphe necator) sont en cours de sélection en France. Leur particularité, qui tient à leur éventuelle capacité à contrer les attaques de deux pathogènes majeurs de la vigne, est une promesse dans la lutte pour diminuer l’usage des produits phytosanitaires dans les vignobles. Mais leurs qualités agronomiques, œnologiques et organoleptiques sont peu connues. La thèse invite à décaler l’approche habituellement suivie par la sélection variétale, qui cherche à déterminer les propriétés intrinsèques d’une variété en la déconnectant de ses usages. L’hypothèse faite ici est au contraire de considérer que les propriétés de la vigne, qu’elles soient liées à la résistance ou à la qualité des vins, changent de sens et de caractères selon les épreuves, les lieux où elles sont mises à l’épreuve, les usages qui en sont faits. Empiriquement, la thèse s’appuie principalement sur trois terrains dans le Midi de la France, qui permettent de suivre différentes expérimentations des cépages résistants : la mobilisation d’une partie de la profession en Languedoc pour pouvoir tester des cépages résistants protégés par l’obtenteur, l’expérience singulière d’un vigneron décidé à expérimenter lui-même en situation de production les cépages résistants français et étrangers qu’il réussit à se procurer, et le suivi d’un projet de création variétale de cépages résistants pour la typicité des vins Rosés de Provence. J’ai montré que l’instabilité du vivant, que je décris avec le cas de la résistance aux pathogènes et ses risques de contournements, nécessite de reconsidérer le rôle du viticulteur, qui était jusque-là très peu présent, ou rendu invisible, dans le processus de création variétale.


Resistant grape varieties, from the lab to the vineyard

When experimentation puts wine-making practices, vine varieties and wine properties to the test


Summary

Vine varieties resistant to mildew (caused by Plasmopara viticola) and powdery mildew (caused by Erysiphe necator) are being selected in France. Their particularity, which lies in their potential ability to counter the attacks of two major vine pathogens, is a promise to reduce the use of phytosanitary products in vineyards. However, their agronomic, oenological and organoleptic qualities are little known. This thesis aims to take another look on varietal selection, which usually seeks to determine the intrinsic properties of a variety by disconnecting it from its uses. On the contrary, I suggest to consider that the properties of the vine, whether they are linked to resistance or to the quality of the wines, change in meaning and character according to testing, the places where they are put to the test, and their uses. Empirically, this thesis is mainly based on three fields in the South of France, which allow us to follow different experiments with resistant grape varieties: the mobilisation of some actors in Languedoc to be allowed to test resistant grape varieties that are protected by the breeder; the unique experience of a winegrower who decided to experiment on his own the French and foreign resistant grape varieties he managed to obtain, from vine caring to wine bottling; the monitoring of a project to create resistant grape varieties for the typicity of Rosé wines from Provence. I have shown that the instability of living organisms, which I describe with the case of resistance to pathogens and its risks of bypassing, requires a reconsideration of the role of the winegrower, who until now has been put aside or hidden in the varietal creation process.