Cornelius Heimstädt

Doctorant




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Titre de la thèse : Une appli pour combattre la phytopathologie : Ethnographie d’un projet d’agriculture numérique indo-allemand

Sous la direction de Didier Torny et Liliana Doganova

Les technologies numériques sont souvent présentées comme un moyen de relever certains des défis les plus pressants auxquels le secteur agricole est actuellement confronté. L’agriculture numérique fournirait des solutions aux problèmes de pollution, de maladies, de changement climatique, de pénuries d’approvisionnement, de sous-production ou encore de fluctuation des prix. Considérant avec recul ces perspectives prometteuses, ma thèse explore comment certaines questions en matière d’agriculture entrent dans le domaine du numérique alors que d’autres y résistent. Plus généralement, la question que pose la thèse est la suivante : que faut-il pour que l’agriculture passe au numérique ?

Pour explorer cette question, la thèse s’appuie sur une étude ethnographique menée entre 2018 et 2021 au sein des bureaux allemands et indiens d’une start-up qui développe une application mobile dont la visée est de résoudre les problèmes phytopathologiques. Plus précisément, l’application est conçue pour aider au diagnostic de parasites, de maladies et de carences en nutriments au moyen d’algorithmes sophistiqués de traitement des images, pour suggérer des mesures de prévention et de traitement et pour mettre en relation les petits agriculteurs avec les détaillants en pesticides à proximité de leurs exploitations. La thèse examine les ramifications de ce projet d’agriculture numérique en train de se réaliser : qu’il s’agisse de l’entrainement des algorithmes de traitement d’image de l’application, de la formulation de recommandations en matière de pesticides, de la conduite d’une recherche sur l’expérience utilisateur sur le terrain, ou encore de la recherche d’un modèle commercial adéquat, la thèse tourne autour de situations dans lesquelles les limites qui se négocient sont non seulement celles de l’application mobile elle-même, mais plus largement celles de l’agriculture moderne.

La thèse montre que les technologies de l’agriculture numérique sont bien plus qu’un simple moyen de résoudre des problèmes qui leur sont extérieurs. Chacune d’entre elles, dont la technologie particulière à laquelle s’intéresse cette thèse, incorpore et met en œuvre une écologie qui lui est propre. La thèse vise donc à proposer une compréhension de l’agriculture numérique basée sur les STS, qui met en avant les nouveaux types de frontières dessinées par ce phénomène émergent à l’intersection des humains, des environnements et des technologies.